14 avril 2009
Back dans les bacs
Me revoila.
Quitte à pleurnicher un peu sur mon sort, je dois l'avouer: je fais un petit blues post-concours.
C'est dommage, je pensais que l'expérience de l'an passé me permettrait de passer entre les mailles de la déprime, mais non, en fait. Même quand on connait le film...
Comme l'an passé, je suis en colère. Je suis triste. Je sais pas trop comment me gérer, maintenant que mes journées ne sont pas écrites d'avance. Bref je ressens tout plein d'émotions, et évidemment ce trop plein il faut le gérer, et ça, bah, c'est pas trop mon rayon.
24 heures après la fin de mon concours on recevait la mère de ma douce pour quelques jours. Je l'aime bien, sa mère, hein. Mais là, la tension du concours qui retombe + l'arrivée de toutes ces émotions + 3 personnes dans 20m² = c'est pas toujours beau à voir. On s'est pas mal frité, j'en suis navrée mais c'est sûr que pour quelqu'un qui a énormément d'intuition elle a pas été très inspirée sur ce coup là de venir juste après le concours. Enfin bon, comme je suis quand même quelqu'un qui dit les choses je suis allée m'excuser auprès d'elle, parce que c'est certain que c'est pas super cool que ma colère ça soit elle qui la reçoive.
Bref comme l'an passé, j'ai besoin de changements - et là, ça tombe bien, avec ma femme on est en phase: donc, attention ok je vous entend déjà rire c'est pas la première fois qu'on en parle mais: on a décidé de déménager! Ahah!
Bon, ok, c'est super une fois qu'on a posé ça bah on réalise que les choses elles ont pas changé depuis la dernière fois, on a toujours pas beaucoup d'argent, et surtout ma mère - qui est sencée se porter caution - est toujours elle même, c'est à dire qu'elle s'en tappe un peu et qu'il va falloir trois plombes avant de pouvoir récupérer les documents magiques.
Ma mère qui a décidé d'en rajouter un peu sur mon stress, et qui me taxe l'équivalent de mon salaire pour "tenir les deux prochaines semaines" parce que là, elle est "vraiment à sec, dans le rouge rouge rouge" - merci maman, je pensais que quitter ta maison m'aurait permis de quitter ton incapacité à gérer la thune, mais en fait, non.
Soupir... faites des parents, je vous jure!
Mais en fait, je ne suis pas trop inquiete, parce que je compte bien rebondir, j'ai quand même des listes de choses agréables à faire. Et puis surtout, j'essaye vraiment très fort d'apprendre à relativiser. Un planning chargé d'ici les résultats, non?
13 mars 2009
L'art du massage
Vous ne le savez peut être pas,
mais à la base de ma réorientation, il y a la découverte du corps par le
massage.
A cette époque, je travaillais à la parapharmacie et je m'ennuyais ferme en caisse.
Donc me voilà à chercher un truc à lire histoire de faire passer le temps. Et là, je tombe sur un petit bouquin que je n'avais pas remarqué auparavant: un petit
livre de massage édité par un labo d'huiles naturelles. Mais au lieu des
habituels textes promotionnels, ce sont des pages entières de méthodes de
massages, pour tous types de problèmes, et différentes zones du corps (mains,
pieds, dos etc!). Je le feuillette, et c'est passionnant.
Je vais donc voir ma responsable et lui demande si je peux lui emprunter, et au
final, elle me le donne.
Youpi! Je le lis, et me dis: maintenant, il faut passer à la pratique. J'achète
une huile relaxante à la lavande.
Et là, qui c'est qui s'est portée volontaire pour être mon cobaye? Bah oui, en
plein dans le mille, c'est ma courageuse Madame qui a bien voulu se sacrifier
pour moi.
Et ô miracle, ça marche! J'adore masser, et je vois que mes gestes, encore
peu sûrs à l'époque, détendent le visage de ma Douce.
Alors j'ai pris l'habitude. Je me suis spécialisée, aussi: je suis une grande
masseuse d'extrémités, à savoir les mains et les pieds. Bah oui, ce sont des
zones avec plein de capteurs sensoriels, qui soulagent bien les maux de têtes, favorisent le sommeil, et qui ne nécessitent pas une table de massage pour
pouvoir bien faire les gestes (parce que bon, sinon, notre appart est trop
petit pour bien l'équiper!).
Donc à ce moment-là de ma vie, je me dis: bon, et si j'en
faisais mon métier? Je me renseigne, réalise que c'est complexe car il n'y a
pas d'écoles "reconnues" en France et qu'il faut faire des formations
couteuses... Puis, un jour à Bordeaux, j'en parle avec l'ostéo. Celui-ci ne m'a pas tenu un discours très positif ("vous allez galérer, ça ne marchera
jamais"), gloups, sympa... Mais il mentionne une chose qui me fait réfléchir.
Il me dit: pourquoi ne pas tenter psychomot', ça correspondrait bien à ce que
vous me dites de vos envies.
Et moi de me dire: bah oui, psychomot', je connais un peu de nom, parce que mon
ex tentait le concours quand je l'ai rencontrée, il y a maintenant, hum, bien 8
ans. Mais bon, le métier, je connais pas trop, en fait.
Je me renseigne, et là, coup de cœur! Cela correspond en effet à mes envies:
traiter les problèmes de la tête en passant par le corps.
La suite, vous la connaissez: révisions à l'arrache l'an
dernier, échec au concours, retentative cette année.
Entre temps, j'ai eu le temps de me renseigner, de m'immerger un peu dans
l'esprit du métier, notamment par le bénévolat avec le petit autiste.
Entre temps, j'ai aussi eu le temps de me faire piéger par ma Douce: car
désormais, le massage, qui était ma botte secrète pour la rendre dépendante, s'est retourné contre moi: je dois la masser tous les soirs, parce que
sinon, la pauvre, elle n’arrive pas à dormir! Oui oui plaignez-moi ma vie est
affreuse!
Mais, dois-je le dire? Parfois, souvent, je prends son pied avant qu’elle ne le
pose pas-du-tout-discrètement sur mes genoux, parce que le massage n'adoucit
pas que le massé, mais aussi le masseur...
Vous noterez que l'air de rien j'ai encore réussi à caser mon concours, tsss, incorrigible je suis...Mais bon, deux messages pour le prix d'un, je me suis surpassée aujourd'hui!
18 novembre 2008
Dépression hivernale? Non, week end en famille!
Me voila de retour d'un week-end familial. Éprouvant, mais j'ai malheureusement tendance à penser que les deux mots sont inextricablement liés.
Difficile la confrontation avec le malheur, silencieux mais tellement criant, de mon père.
Douloureux le constat forcé que je ne serai jamais la petite fille modèle de ma grand-mère. Et qu'essayer est bête de ma part, et surtout vain. Jouer la comédie me fatigue ; et que si être homo ne pourrait pas être un plus (!!),le problème ne se situe pas là. Si ce n'est pas ça, ça sera autre chose : nos relations étaient biaisées dès le départ.
Bouleversant et inacceptable la réécriture de l'histoire familiale par ma grand-mère qui transforme ma mère en une étudiante médiocre mais calculatrice, qui épousa un professeur dans le seul but de lui faire rédiger sa thèse, elle étant trop bête pour le faire. !!! On aura tout entendu...
Le trajet de retour, en train, m'a paru long. Celui en métro, pour rentrer chez moi, presque insupportable. Impossible pour moi de supporter la violence des gens qui vous bousculent parce que pressés, la saleté des rues de paris, les conversations quasi hurlées, les gens qui font la manche... rien n'était supportable, et tout n'était qu'agressions pour moi, toute meurtrie de l'intérieur que j'étais...
J'ai failli craquer et pleurer plusieurs fois pendant les 45 minutes qui me séparaient de la maison.
Finalement, le pas de chez moi à peine franchi, les barrières ont cédé. Pleurs, tristesse qui m'envahit.
Et le soulagement de voir ma douce... elle était là pour m'accueillir, me consoler. M'envelopper dans la bulle protectrice qui m'avait tellement manquée.
Car ces derniers temps, j'ai tendance à détester le monde, et j'ai l'impression qu'il me le rend bien. Seule envie : rester chez moi avec ma douce !
Bon, en même temps, c'est pas possible. Qu'importe : désormais rentrée, je peux recréer un espace plus sécurisant après ce week-end un peu éprouvant !
Non parce que là je fais ma Cosette, mais l'important maintenant c'est de se relancer. La psy, qui n'était pourtant pas pour cette excursion à la campagne, m'a dit que c'était finalement une bonne chose car cela m'avait permis de réaliser qu'il est des relations qui ne sont pas bonnes à s'acharner de construire: je suis plutot d'accord.
Par ailleurs, j'ai une petite pensée pour la psy: si, comme moi, elle déteste les gens qui se mouchent et qui reniflent, elle doit vraiment apréhender nos séances!! Désolée madame!
30 septembre 2008
Mais qu'est ce qu'il m'a pris...?
... le jour où j'ai décidé de bosser mon concours chez moi, à distance?
Un trou dans mon cerveau, dans mes souvenirs, un black-out qui m'a induite en erreur?
Une lueur d'optimisme malvenue?
Bosser seule, j'en suis capable. Je ne suis pas plus bête qu'une autre, comprendre le contenu, ça, ça va.
Mais la solitude, l'absence de cadre, la culpabilité de ne pas bosser à chaque instant: impossible à gérer!
Je tourne en rond dans mon appartement, incapable de me canaliser longtemps.
Il va pourtant bien falloir apprendre. Me poser des limites, des moments de travail et d'autres de détente. Un quota de minutes sur internet, aussi. Peut être devrais-je tenter d'aller bosser ailleurs, pour limiter clairement dans le temps le moment de travail et celui de glandouille. Pour séparer, aussi, le lieu où je vis du lieu où je dois travailler, afin de ne pas arriver, à terme, à détester mon chez-moi que je trouverai alors étouffant.
Alors oui, après deux jours de révision, je déprime. Quitter un rythme pour un autre, c'est jamais évident. Quand, en plus, on se confronte à des problématiques récurrentes et douloureuses (le fait de tourner en rond, de déprimer lorsque je suis seule, etc.), ça devient encore plus complexe.
Pourtant, c'est aussi pour ça que c'est intéressant. A moi de travailler sur ce qui ne va pas, de me débarrasser de ces problématiques. Il parait que c'est ça, travailler sur soi: essayer de dépasser ses barrières.
Si vous avez des conseils pour y arriver, ils sont les bienvenus...
02 septembre 2008
C'est la rentrée!
C'est la rentrée!
Enfin... pas tout à fait, puisque je n'ai cessé de travailler qu'une semaine, il y a déja 6 semaines de cela, et que la rentrée des cours ne se fera que dans un mois.
Mais le début du mois de septembre, ça signifie le départ d'une nouvelle année,le retour des gens dans les transports,les boulangeries qui rouvrent, des nouveaux projets et la reprise de ceux mis en stand by, et la reprise des séances chez la psy.
J'y suis allée en trainant les pieds. Caractéristique, chez moi, cette tendance à avoir du mal à me relancer sur une activité après une pause. Je lui ai donc dis, dans un accès d'honnêteté totale, que je n'avais pas eu une folle envie de la retrouver, ce qui n'a pas eu l'air de l'ébranler plus que cela, mais a permis de se relancer sur cette difficulté à aller au bout. Finalement, une séance qui m'a fait du bien, un espace nécessaire pour vider ces deux mois complexes avec les déménagements des parents.
Néanmoins, j'ai bien rigolé à un moment. Car j'expliquais à quoi allait ressembler mon année, et j'ai donc casé "la garde de mon petit autiste". Et là, surprise, soulèvement de sourcils, "de quoi?". Et moi de lui expliquer mon projet. Et de constater que son regard change soudainement. Comme ci elle réalisait alors que oui, je pouvais être dans l'action, et non pas que dans la plainte, l'analyse, (non ok, la plainte).
Cela lui a aussi permis de m'interroger sur le pourquoi je veux bosser avec des petits autistes via la psychomot, et je trouve ça plutot bien de s'arreter parfois sur les raisons du pourquoi cette réorientation.
La semaine prochaine, j'irais là-bas de mon fameux pas rebondi, et non plus en trainant les pieds. Une rentrée qui s'annonce bien, finalement.
27 juillet 2008
Collector
Lorsque, avant mon départ en vacances, j'ai fait remarquer à ma psy que depuis le début de ma thérapie, elle n'a pas été une seule fois à l'heure, elle ma surprise. J'étais gênée, bien sur, d'avoir à lui faire cette remarque. Je supposais qu'elle s'excuserait, ou au contraire qu'elle me dise que je me trompais.
Mais apparemment je n'ai pas encore tout compris du mode de fonctionnement d'une thérapie.
Après un silence, elle m'a donc fait cette réponse, collector.
"Et à quoi ça vous fait penser, le retard?".
Ca m'a scotchée, et, honnêtement, je n'ai pas su trop quoi répondre.
Au final, je me dis que sa remarque pouvait être pertinente, et que finalement, ça pouvait être une de mes problématiques.
N'empêche que c'est pas pour autant qu'elle a reconnu être en retard (ou même programmer un autre rdv en même temps que le mien) mais ça, je crois que ça n'arrivera pas!
Ah, les joies de l'analyse...
04 juillet 2008
Les petits + de la psychanalyse
Mieux que Wii fit, que la salle de sport, que les régimes amaigrissants... pour perdre du poid, je vous propose: les séances chez la psy.
En moyenne: deux litres de sueur (et éventuellement de larmes) par séance. Et sachant qu'elle veut peut être me passer à deux séances par semaines (no comment), ça risque d'aller vite!
Bon à part ça elle est tout le temps en retard et elle s'en fout (par contre, si j'arrive en retard on ne rattrape pas la séance!), et quand je parle parfois elle me regarde avec un petit sourire narquois et c'est absolument terrible.
Et puis là, elle parle, me pose une question à laquelle je n'avais pas pensé, et bam, toutes mes certitudes qui retombent.
La psychanalyse, c'est un peu l'art de passer pour une nouille face à quelqu'un qui semble détenir "la vérité" (alors qu'en fait, non, ça s'appelle juste avoir du recul).
Mais ça fait du bien!!
22 mai 2008
Une demie heure
Une demie heure, c'est long.
Des silences gênés. Mon regard file sur le tapis au sol, la tapisserie sur les murs, et je compte les traits, les diagonales.
Je passe en revue ma mémoire en me demandant ce que je souhaitais dire avant de venir.
Rien, mon cerveau ne répond pas.
Je me retiens de pleurer. Pourquoi, même en disant des choses simples que je verbalise pourtant au quotidien, j'ai toujours envie de les dire en pleurant dans cette pièce ?
Et au moment où elle se lève, me signifiant la fin de la séance, me vient tout plein de choses que j'ai envie de partager. Trop tard !
Une demie heure, c'est court. Aussi.
Mais que ça fait du bien d'y aller !
