Fragments de vie

Petites tranches de vie, moi dans tous mes états!

04 novembre 2008

La fin du bénévolat, la fin d'une période

Après plusieurs séances annulées depuis la rentrée, j'ai pris la décision d'arrêter le bénévolat avec mon petit autiste.

Il faut bien admettre que je n'étais plus fiable, annulant au dernier moment les séances, à cause du travail, d'un coup de stress pour la préparation du concours, d'un voyage à bordeaux, ou tout simplement de la flemme.
La maman s'en était douté, et penser même me proposer d'arrêter ou de me mettre en "remplaçante" plutôt que bénévole hebdomadaire. Confession un peu vexante, mais réaliste, dont je ne peux me formaliser.

La décision n'a pas été simple à prendre: plein de sentiments contradictoires sont venus s'en mêler.
Le soulagement, de me dégager du temps pour bosser plus sérieusement mon concours.
La déception, celle de ne pas avoir su, une fois encore, aller au bout de ma démarche.
La déception de réaliser que le bénévolat n'était pas désintéressé: celui ci me renvoyait une bonne image de moi même. Image que je "perds" en arrêtant, et que la peur de cette prétendue perte a freiné ma décision.
La peur que cela signifie que je ne vois pas faite pour être psychomot', si je ne suis même pas capable de m'engager sur le long terme pour lutter contre l'autisme.

Et puis finalement, il ne s'agit pas vraiment de tout ça, mais plutôt des objectifs que je me fixe. Démesurés et intenables, je fais tout pour me mettre en situation d'échec. L'échec me permettant de pleurer sur ma pauvre personne, incapable de faire des choses simples, bouhouhou. En fait, il faut juste que j'accepte que je ne peux pas TOUT faire bien en même temps, mais que cela ne fait pas de moi une moins que rien, juste moi, avec mes failles et mes limites. Ce ne sont pas celles de tout le monde, surement que quelqu'un d'autre arriverait à gérer tout cela en même: tant mieux. Cela ne me correspond juste pas, et il faudra que je l'accepte un jour ou l'autre.
Encore quelque chose dont je devrais parler en séance... Soupir :)

C'est donc la fin d'une rubrique, la fin de 5 mois avec ce ptit loup: pas rien, pas tout, une période de ma vie, que j'ai partagé avec ce petit bonhomme qui, je l'espère, sortira bientot de sa bulle grâce à ses gentils bénévoles.

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15 octobre 2008

Nouvelle séance: tabula rasa sur la crise passée

Les séances avec Maël se suivent et ne se ressemblent pas, et c'est plutôt chouette ! Autant la semaine dernière était éprouvante, autant la séance d'hier était super.
Pourtant, quand je suis arrivée, rien n'était joué : le précédent bénévole descendait l'escalier avec le petit, ce qui a déclenché une crise. Je rattrape le colis au passage et rentre illico presto dans la salle, pour éviter que la transition soit trop douloureuse pour lui. Trop tard, le simple fait d'être sorti de sa salle de jeu l'avait mis mal. Il s'est donc mis à pleurer, à se jeter sur le sol. Étonnant : il avait de vraies larmes (normalement il crie mais jamais de larmes, ou si peu). Pas grave ! Après la semaine dernière, j'étais prête à affronter quelques cris. Je lui ai donc parlé, chatouillé le ventre, j'ai joué à côté de lui : rapidement, il m'a rejoint.

Et c'était parti pour une heure et quart de rigolade ! Très en forme, Maël rigolait beaucoup. Très souvent allongé sur le dos, il jouait avec ses pieds et ses mains, comme un tout petit. Il continue l'exploration de son corps, une étape essentielle du développement qu'il a loupé. Donc, il peut passer le temps qu'il veut dans cette position, c'est que du bon ! Cette position allongé a aussi ça de pratique qu'elle me permet plus facilement de capter son regard. Si parfois il se mettait à stéréotyper avec ses mains, je mimais, à grand renfort de sons, un avion qui volait : j'obtenais alors rires et regards !

Parce que, si Maël me semblait plus libéré, plus disponible pour se marrer aujourd'hui, il n'est pas le seul a avoir vécu des changements. Un déclic a dû se faire sans que je ne m'en rende compte, mais il est évident : je me sens moi-même plus libérée. Prête à laisser s'exprimer ma fantaisie. A faire du bruit, à faire l'idiote pour le faire rire, bref, à être moins guindée ! Enfin ! Ce dernier bastion de timidité (ou plutôt d'inhibition) levé, je sens qu'on va pouvoir avancer plus facilement.

Maël m'a semblé grandi : désormais, il va spontanément au toboggan et tend les mains pour que je le rattrape. Il va aussi sur le trampoline alors qu'auparavant il n'en avait jamais vraiment fait. Par contre, c'est super fatiguant car il faut que je lui tienne les mains et que je le fasse sauter. 5 minutes, ça va... mais 10, 15 minutes comme hier, c'est le meilleur moyen de se casser le dos (et puis un petit de deux ans, c'est louuuuurd !). Mais bon, il s'éclatait, et puis surtout, j'ai bien capté son regard vers la fin des 15 minutes, donc c'était déjà ça de pris !
Il est dans une phase où il envoie tout valdinguer. Ok ! je sais aussi jouer à ça... donc s'il lançait une peluche, j'en lançais, deux ! Je vous assure que ça, ça vous apporte l'attention de n'importe quel petit... et les rires qui vont avec ! Et il n'y a pas à redire : j'aime plus l'entendre rire que pleurer !

Bref, une très bonne séance, bien que très physique (trampoline, course...). En face de moi, un petit garçon qui grandit et qui me prouve à chaque fois qu'il est très intelligent. Hier, il m'a montré qu'il avait saisi que la petite table était le lieu des activités "posées" (jeux d'encastrements et autres) et que le reste de la salle pouvait effectivement servir de défouloir !

La prochaine fois, je tâcherai de lui expliquer qu'il ne faut pas tirer le doigt blessé de la bénévole.

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08 octobre 2008

Confrontation troublante avec l'autisme

Retour d'une séance avec Maël hier matin, après deux semaines de carence.
Et bien rassurez vous pour une fois je ne vais pas encore vous raconter que j'ai fait des jeux d'encastrements et que j'ai capté trois fois son regard dans la salle de jeu.

Hier, je savais au moment où le réveil à sonné (trop tôt, bien trop tôt) que la journée serait dure. Je ne m'étais pas trompée, et j'aurais mieux fait de ne pas me lever.
Tout d'abord, problèmes sur les trains de banlieue : bien que partie en avance, je devrais attendre 45 minutes avant que le train ne décolle, me faisant arriver 20 minutes en retard. Bon, j'étais au moins calée sur un siège et j'ai pu lire.

En arrivant, la maman m'explique que je vais sortir Maël pour une ballade, vu qu'il a déjà été stimulé sur le créneau précédent. Elle me dit qu'il y a une chance pour qu'il crie un peu lorsqu'il se rendra compte qu'on ne va pas dans le grand parc mais le petit. Cela n'a effectivement pas manqué, mais cde manière très brève (juste juste une dizaine de mètres), pas de problème de ce côté là. Elle m'avait aussi prévenu qu'il faudrait que je le prévienne 5 minutes avant de quitter le parc, histoire qu'il se fasse à l'idée. Ce que j'ai fait, n'espérant pas de réponse particulière, d'ailleurs. Je suis docile, j'écoute les consignes.

Elle ne m'avait par contre pas prévenu de ce qu'il allait alors se passer. Habituellement, lorsque je détache les doigts d u petit bout solidement agrippés à la balancelle, il chouine mais se calme très vite. Mais à la place du petit chouineur habituel, j'ai découvert une furie, un petit garçon pas content la réalité de l'autisme. Maël s'est mis à hurler, fort, très fort. A se débattre comme un fou. Impossible de le remettre dans la poussette tant il gesticulait et criait. Dès qu'il posait son pied sur le sol, il tentait de courir vers la balancelle.
J'ai tenté de sortir un tout petit peu du parc pour l'aider à comprendre que la balade était finie. J'ai tenté de le rassurer par la parole, lui expliquant qu'on allait bien s'amuser dans la salle de jeu, et qu'il retrouverait maman. J'ai tenté de lui expliquer que je comprenais qu'il était déçu mais qu'il y retournerait bientôt. Autant pisser dans un violon. Lorsqu'il s'est mis à sauter sur place, j'ai sauté avec lui, pour tenter à la fois d'entrer dans son stéréotype rassurant et de communiquer avec lui par le biais de son langage. Rien.

Il se débattait si fort. C'était dur et violent parce que j'avais l'impression de le meurtrir profondément. En essayant de le canaliser, j'ai eu peur de le retenir trop fortement et de lui faire mal, d'empirer la situation. Au bout de 10 minutes, j'étais énervée, mais surtout, j'angoissais fort. J'ai même pensé, de façon fugace, à le laisser sur place !

Évidemment, il y avait une promeneuse de chien qui passait par là. Et qui m'a observée pendant 10 bonnes minutes me débattre et essayer de rassurer Maël. Et forcement, forcement !, elle me regardait, jugeante, me lançant des regards noirs. Connasse ! J'aurais bien voulu l'y voir, tiens. Là où je me suis déçue, c'est que je me suis sentie obligée de me justifier en disant qu'il était autiste, alors que ça ne la regarde pas.

Au final, impossible de calmer le petit bout. J'ai donc porté à bout de bras un petit garçon de deux ans (donc, pas tout léger) en crise et se débattant très fort, refusant mes bras, jusqu'à sa maison. En abandonnant la poussette. Encore 5 longues minutes, après le quart d'heure de crise au parc. En arrivant à la maison, j'ai tendu le petit à sa mère, et je suis partie, toute tremblante et transpirante, chercher la poussette.

Il m'a fallu du temps pour me remettre de la violence de cette crise. Depuis que je garde Maël, je l'ai déjà vu chouiner, pleurer, mais jamais dans cet état de détresse. J'avais devant moi un petit garçon encore malléable. J'ai désormais un petit garçon qui s'affirme mais qui, du fait de son autisme, est extrêmement frustré de ne pas pouvoir sortir de sa prison et donc, s'exprime par des crises violentes. Il rattrape en ça son frère de 4 ans, diagnostiqué plus tardivement, et donc plus enfoncé dans l'autisme.

Autant vous dire qu'après, nous n'avons pas continué la séance. La mère s'est voulu rassurante, m'expliquant que Maël traversait une période angoissante puisqu'il commence enfin à être stimulé à temps plein, et donc rencontre de nouveaux intervenants chaque jour. Elle m'a aussi dit qu'elle s'y attendait puisqu'elle a vu Erwan agir de la sorte vers le même âge. Je crois que cela m'a permis de voir enfin à quoi correspondait l'autisme, la violence qui l'accompagne parfois du fait de toute la frustration qu'engrange le petit. Je crois aussi que je comprends un peu mieux l'étendue du courage dont fait preuve les parents, face à deux autistes.

Cela m'a tout de même laissé l'impression d'avoir raté quelque part. Sentiment peut-être légitime mais à bannir. Comme l'a expliqué l'asso qui nous encadre, il ne faut rien attendre d'une séance avec un petit et il faut accepter qu'il passe par des phases difficiles. On verra la semaine prochaine, mais je dois effacer le spectre de la terreur qui nous a pris tout les deux hier, la sienne déclenchant la mienne.

Je dois aussi permettre à mon corps de récupérer : j'ai des courbatures super violentes au dos et aux avants bras !!

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15 septembre 2008

2 pour le prix d'une!

Et oui, je suis une méga flemmarde, et je n'ai donc pas consigné ma séance de la semaine dernière avec Maël. Sachant que j'en ai fait une autre ce matin, ce sera donc un post doublé!

En même temps, entre ces deux séances, c'était vraiment le jour et la nuit.

La semaine dernière, Maël a fait des progrès considérables! Beaucoup de regards, mais surtout, Maël commence enfin à repasser par les étapes de développement qu'il a loupé. Concrètement, monsieur fait du quatre patte (un peu), se met sur le dos (beaucoup) joue avec ses pieds, ses mains, et donc découvre son corps (à la folie). Il va spontanément devant le mirroir, devant lequel il s'amuse beaucoup. Bref, il se découvre, et cela devrait bientot lui permettre de connaitre les limites de son corps, étape essentielle pour le reste (propreté, jeux, distinction entre lui et les autres).

Bien sur, il en a toujours rien à faire des autres enfants et le parc ne l'interesse pas (il fonce vers la grille pour sortir). Les progrès de Maël concernent avant tout son développement moteur, et non pas les interactions sociales. Qu'importe! Les premiers bénéfices de la méthode apparaissent, et cela après 3 mois de stimulation, ce qui est génial. Maintenant, les parents cherchent à passer sur un rythme plus soutenu afin de consolider ces nouvelles acquisitions, et l'aider à progresser encore plus.

Aujourd'hui, la séance était fatiguante. Maël a passé le plus clair de son temps à sauter sur la chauffeuse, pleurer pour sortir... j'arrivais à l'attirer vers moi en jouant avec les tonneaux qu'il aime tant, mais cela durait trop peu de temps, et il repartait sauter sur le petit fauteuil. Malgré tout, il sait de mieux en mieux exprimer ce qu'il veut, me prend spontanément la main et me mène là où il le souhaite.

Surprenant aussi: à deux reprises, il s'est jeté contre moi, un peu comme s'il voulait faire un câlin. A suivre donc, mais peut-être arrive t'il à exprimer son affection - apparement, son grand frère autiste est très câlin avec ses bénévoles, mais bon, je ne peux pas assurer que ce geste signifiait bien une tentative de calin. En même temps, le petit apprécie désormais que je lui touche les pieds, et aime d'ailleurs pousser mes mains avec ses pieds, pour que je le chatouille ou le masse. C'est devenu un jeu entre nous, qui arrive fréquemment puisqu'il se met beaucoup sur le dos pour jouer avec ses mains et ses pieds. Il semblait aussi interessé par mes mains, qu'il observait et palpait avec grand sérieux - toujours cette fameuse découverte de son corps, de ses limites, et donc du corps de l'autre.

Il y avait deux nouveautés dans la salle de jeu du petit bonhomme: un "tunnel" en toile pour permettre le jeu de cache cache, que Maël a royalement ignoré, et une petite tente. La maman m'avait prévenue: Maël a peur de la tente pour le moment, et n'ose pas trop y rentrer. Vers la fin de la séance, j'ai essayé de l'attirer vers ce jeu, en espérant le sortir de ces stéréotypes. Mais mossieur n'avait aucune envie d'y rentrer... Par contre, une fois que je m'y suis installée, et que j'ai commencé à faire le jeu du "coucou" en ouvrant et en fermant les pans de la tente... celle ci avait un attrait fantastique! j'ai alors eu droit à de nombreux regards, et un sourire comme jamais. Le petit se marrait! Il venait alors jusqu'à moi, n'osait pas entrer dans la tente, repartait sur la chauffeuse mais me regardait, se marrait, revenait, etc... Un bon moment, donc, et je pense que lorsqu'il se sera approprié l'espace, cela donnera lieu à de bons moments d'échanges.

bref, ces séances avec le petit prince sont toujours aussi stimulantes, et cela s'inscrit définitivement dans le paysage de mon année qui, pour le moment, peine à trouver son rythme de croisière... mais cela est une autre histoire, et  dépend d'une autre rubrique!

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02 septembre 2008

Youpi! C'est vendredi

Vendredi, séance musclée avec Maël.
Perturbés par l'absence du papa, du prochain départ de la maman, du petit rythme de la stimulation (fin de vacances oblige), Erwan et Maël étaient tous les deux surexcités vendredi matin. Erwan avait eu la bonne idée de détacher sa couche bien remplie, y plonger ses mains et tenter l'art mural dans sa chambre, qui est aussi la salle de jeu de Maël. Javelisé à l'envie par la maman avant que j'arrive, restait une odeur tenace qui mettait déja dans l'ambiance. Puis la maman de m'expliquer qu'elle a mis deux jours auparavant un mobile au dessus du lit d'Erwan, et que cela fascine Maël. A ce moment, je ne réalisais pas encore trop ce que cela signifiait...

Au final? un petit bonhomme qui ne supportait pas que la barrière de la salle de jeu soit fermée, puisque cela l'empechait d'aller voir au dessus du lit de son frère le mobile. Et d'exiger que je le fasse tourner, bien sur.
Du fait de cette barrière ouverte, Maël a pu reprendre les courses à travers toute la pièce, les tournoiements, les sauts sur la chauffeuse pendant 5 minutes sans discontinuer. Une séance physique, où il n'avait pas d'interêt pour les jeux que je lui présentais. Néanmoins, c'est un enfant capable de me montrer ce qu'il désirait (ou ne désirait pas) que j'ai découvert pendant cette séance. Et cela, c'est très positif! Alors, certes, il en devient même un peu dictateur (il FAUT faire ce qu'il VEUT faire, maintenant, tout de suite), mais qu'importe. Par ailleurs, j'ai été impressionnée car pour la première fois, il m'a montré lorsqu'il avait envie de monter sur la balançoire, et lorsqu'il avait envie d'en descendre, ce qui est une grande première.
Balançoire sur laquelle il m'a par ailleurs schotchée, en me lançant un regard intense, long, mais long!! 5 secondes environ, sans bouger son regard, un face à face poussé, qui témoigne mieux que tout des premières avancées de la méthode.

Donc une séance où il a beaucoup chouiné (envie de retrouver sa maman, d'aller voir le mobile), où il a enormément stéréotypé. Il a même été perturbé par le vacarme que faisait son frère de l'autre côté de la porte, ce qui est nouveau (normalement, c'est moi que les cris pertubent). Mais s'il est une chose connue, c'est que la plupart des enfants font de grands progrès après une période de régression et de crise... cela sera peut être le cas pour mon petit breton!

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21 août 2008

Maël, le retour

Ayé! Après une pause estivale, pour raison de boulot pour moi, vacances bien méritées pour la famille, j'ai repris le chemin qui me mène jusqu'à Maël, mon petit autiste préféré!

Puisque Maël avait déja été stimulé sur le créneau précédent, on a découpé la séance en deux parties. Première partie: le parc. Monsieur Bougon installé, je me suis mise en route pour un autre parc que cela de la dernière fois. Plus loin, le parc est plus grand et accueille donc plus de monde. Sur le chemin, Maël se frottait les yeux sans discontinuer, et j'avais un peu peur qu'il craque d'épuisement une fois arrivés. Effectivement, il n'avait pas très envie de s'aventurer, n'était pas bien sur la balancelle, n'a pas ri sur le toboggan... néanmoins, il était fasciné par la grille qui entoure le parc! Afin de réussir à capter son regard, j'ai donc décidé de passer de l'autre côté de la barrière pour me mettre face à lui. Et là, il m'a montré qui était malin et observateur. Car dès que je suis revenue de son côté, il a couru vers la sortie!!

Bref, le message était clair et nous sommes donc repartis vers la maison. L'arrivée a forcement été un peu chaotique (tous ces changements, extérieur/intérieur, montée des étages l'ont un peu perturbé), mais en 5 minutes dans la pièce, il était de nouveau détendu.

La séance s'est très bien passée. Peu de regards, mais malgré tout, de l'échange... avec une grande avancée, car, lors d'untonneaux_play jeu d'encastrement (ses préférés, si vous avez suivi) je lui ai montré une chose nouvelle: j'ai associé les deux parties d'un même tonneau playskool (habituellement, on ne fait que les mettre dans uns dans les autres et après, j'associe les deux parties de mon côté). Très attentif à mes mains, il a reproduit le geste sans aucune difficulté! Et cela lui a beaucoup plu. Il a donc associé de la sorte les quatre tonneaux.
Puis, je lui ai montré qu'on pouvait les empiler pour faire une pyramide, ce qu'il a trouvé intéressant. A chaque fois que je les faisais tomber, il les remettait en place avec un plaisir évident! C'était chouette de voir qu'il s'éclatait, et il avait bien le droit de jouer qu'avec ce jeu, vu qu'il avait été trop trop fort pour associer les tonneaux!
Sur la fin, il a aussi fait un truc trop marrant: il a pris sa couette dans son lit, et est allé se poser dans le petit coin au miroir. [digression: le miroir est super important pour qu'il puisse prendre conscience de son corps. Il faut au maximum favoriser les jeux devant le miroir, mais sans le forcer pour autant à y aller, chaque chose en son temps]. Il est mis sous la couette en souriant. Et là, j'ai commencé à lui toucher les pieds à travers la couette, et il s'est laissé faire. Mieux: on l'a transformé en jeu, variante du "coucou - il est ou Maël?" avec un "olalala ils sont où les pieds de Maël? Oh bah ils sont là!" en les chatouillant.
Ca peut ne ressembler à rien, mais c'est énorme! Et oui, car le petit bonhomme n'aime normalement pas qu'on lui touche les pieds, rapport à son hypersensibilité tactile. Mais il a effectivement progressé sur le sujet, ce qu'il m'a prouvé à deux autres reprises lors de la séance:
- dans le parc, il a réussi à passer d'un revêtement à un autre sans bloquer (revêtement bizarre sous le jeu/herbe du jardin)
- dans la salle de jeu, il s'est couché sur le dos tout en jouant. Puisqu'il crispait ses jambes en l'air, je les ai saisies, détendues, en terminant par un effleurement des pieds. Et au lieu de se renfermer, il semblait à l'aise, vraiment détendu!
Il semble donc que Maël progresse, même si ce n'est pas forcement dans le domaine de l'interaction sociale. En même temps, la méthode semble porter ses fruits car les progrès de son grand frère commence à être eux aussi sacrément visibles!

Et puis j'ai parlé à sa maman d'une idée qui m'est venue, et qui me tient à cœur. En effet, Maël me regarde peu mais observe souvent mes mains (et il a prouvé à maintes reprises qu'il savait reproduire ce que je faisais!). Je pense donc que si on introduit doucement quelques signes du langage des signes français, il serait capable de rentrer un peu en communication avec nous. Je lui ai laissé de la documentation et un livre, et elle va en parler avec la psy qui le suit, pour voir si on peut mettre ça en place. Mais j'étais contente, parce qu'au départ elle semblait méfiante, mais au fur et à mesure de la discussion, elle semblait emballée - et avait bien envie de tester la méthode, pour le petit mais aussi pour son grand frère!

A suivre donc, mais la rentrée s'annonce pleine de beaux projets!

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07 juillet 2008

Sortie au parc

Aujourd'hui, je retrouvais Maël pour notre 7ème séance. Contrairement aux autres fois, je ne venais pas pour le stimuler dans sa salle de jeu, mais pour tenter une sortie au parc.
On a donc pris la poussette, fait en sorte de lui faire lâcher le chargeur de batterie de l'appareil photo de sa maman (mossieur aime beaucoup les câbles) et pris le chemin du petit parc.
Coup de chance en ce jour de vacances scolaire, le parc était désert. Ce qui est forcement plus simple, parce que moins il y a de stimulis extérieur, et moins le moment sera oppressant pour lui. Je l'ai détaché, mais il semblait ne pas oser sortir de la poussette. Donc je l'ai pris dans mes bras et amené au premier jeu qu'on voyait, une espèce de fleur-balançoire. Cela n'a pas remporté un franc succès, et puis le petit regardait partout ailleurs. Donc je l'ai repris et amené au toboggan pour les grands. Et là, ouais super, le toboggan c'est rigolo! Mais mossieur voulait aussi monter la grande échelle pour se lancer sur le toboggan, ce qui était un peu moins super, parce que malgré tout c'est un petit bonhomme, et même s'il ne faut pas trop lui dire non, il faut aussi être un minimum responsable. Donc je détournais son attention sur autre chose, ce qui de toutes façons n'était pas difficile, puisque le mouvement des arbres avec le vent semble être tout aussi fascinant.
A ce moment là, j'ai constaté quelque chose de surprenant: Maël a peur de l'herbe. Dans les parcs, on trouve toujours une espèce de matière molle autour des jeux, et le reste du parc est fait d'herbe. Mais Maël n'osait pas sortir du carré de matière, et regardait l'herbe avec suspicion. Du coup, il préférait faire le tour du toboggan plutôt que d'aller vers un autre jeu, ce qui aurait supposé de traverser le jardin.
Donc je l'ai amené vers une balancelle, et là, ça y est on avait trouvé LE jeu de la matinée. J'ai donc passé une demie heure à le balancer sur ce jeu. Si j'arrêtais, il faisait le mouvement pour me montrer qu'il fallait continuer. Il avait les doigts bien agrippées aux barres, et il regardait partout autour de lui, et de temps à autre, moi. A deux reprises, j'ai voulu le prendre avec moi pour tenter un autre jeu. Et là j'ai eu un petit garçon qui chouinait, ses jambes se dérobant sous lui pour se mettre en boule sous le jeu, en tirant dessus pour essayer de remonter par ses propres moyens. Ce qui me faisait le repositionner dare dare, vous vous en doutez.
Et pas de bol, il s'est mis à pleuvoir. Beaucoup. Il me fallait donc reprendre Maël, le rattacher dans sa poussette, sortir les parapluie et courir vers la maison. Ce qui peut à la limite être faisable, avec un petit garçon classique. Mais avec un enfant qui considère comme dramatique les moments de transitions et qui en plus, fusionne avec un jeu depuis une demie heure, un peu moins. J'ai donc pris le petit gars, qui s'est mis à pleurer, se débattre. Le temps que je le pose dans la poussette, il avait chopé une coquille de pistache qui trainait par terre et l'avait mis à la bouche... miam! Il a donc fallu que je négocie (avec l'aide d'un jouet que j'avais emmené) pour lâcher le truc dégueu et se lancer sur la route.
Je vous épargne le retour en courant, le manche de mon parapluie cassé net par le vent...
Au final, on a pas pu faire une séance complète. Mais malgré tout, ce fut une super expérience parce que j'étais contente de sortir de l'espace confiné (9 m²) de sa chambre pour tenter la grande aventure du monde extérieur. Et puis malgré tout, j'ai réussi à avoir un peu de son attention, et ça c'est déjà pas mal. Et puis il parait que s'il commence à délirer sur les balançoires, c'est qu'il commence à prendre conscience de son corps, et ça c'est essentiel pour avancer.
Donc je sens que j'ai pas fini de me balancer avec lui... ce qui ne me dérange absolument pas, vu que je le fais déjà moi même de mon côté.

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20 juin 2008

Maël

TrampolineVendredi : j'ai pris le train pour rejoindre Maël, mon petit autiste préféré.
Presque dix jours sans le voir (pour des raisons multiples), et le petit bonhomme a encore progressé. C'est assez fou à constater, en fait.
J'ai donc eu le droit à de looongs regards (plusieurs secondes !), et ce dès mon arrivée, où le petit avait une pêche d'enfer ! Beaucoup beaucoup moins de course à travers toute la pièce, beaucoup plus d'attention sur mes mains et même l'imitation de ce que je faisais (du rythme comme d'habitude).
Il m'a aussi beaucoup fait rire à un moment. Il s'enfermait dans sa bulle, allongé sur la table, et j'ai alors eu l'idée de le soulever dans les airs, pour le reposer sur le sol. Et là, ça l'a fait délirer : et au lieu de poser fermement ses pieds sur le sol, il a plié les jambes, m'a regardé et sourit, pour que je le resoulève, et que je le renvoie dans les airs. Mais après trois quatre fois, je vous assure que mes bras ne le tenaient plus si fermement. Cest que ça pèse lourd, un enfant de presque deux ans ! Enfin, bien que cela soit sportif, j'étais bien contente d'avoir trouvé ce petit truc parce que ça fonctionne super bien pour capter son attention !
Donc voilà, on s'apprivoise, je crois qu'il me reconnait et qu'il me fait plus confiance. Il vient spontanément vers moi et réclame les bras. D'ailleurs, si je ne réagis pas assez vite il tire sur mes poignets et ma montre, pour que je me dépêche de le prendre avec moi !

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02 juin 2008

Petit Prince

tonneauxUne fois n'est pas coutume, j'ai retrouvé Maël le lundi et non pas le vendredi.
Aujourd'hui, petit prince était un peu sur sa planète. Mossieur fait des nuits difficiles, donc déjà, ça partait mal.
Pourtant, quand je suis arrivée, il m'a regardée longuement dans les yeux. Même sa maman a remarqué, et elle était contente.
On a eu du positif, et du moins positif. Points positifs : il est toujours dans l'échange, très spontanément il me tend (toujours à travers les barreaux du toboggan, et aujourd'hui, de la petite chaise en bois) : doudou, tétine et jouets. Ses regards étaient rares, mais quand il me regardait, c'était de façon plus soutenue, très intense. C'est dans des moments comme ça qu'on se dit qu'il y en a des choses dans la tête de ce petit bonhomme... Qui est par ailleurs plutôt doué, très instinctif. Exemple : quand il encastre les plots les uns dans les uns, il "sent" quand il en manque un, et il le cherche. Il arrive alors à identifier quel plot n'est pas à sa place, et remet tout bien. Un malin, je vous dis.
Et puis, peu à peu, il vient vers le miroir. Il regarde dedans, il appuie dessus. Et puis il s'en sert pour me regarder, et ça c'est génial à priori, même si je ne sais pas s'il a déjà conscience du fait que c'est moi qu'il regarde. Il regarde toujours vers l'étagère quand il veut un jouet. Il a aussi foutu la paix au petit lit, et n'a fait tomber qu'une fois le toboggan sur une heure et demi, miracle !! C'est pas plus mal pour moi, car quand il est trop dans l'activité physique, je fatigue rapidement (mais lui moins !).
Par contre il a scotché toute la séance sur ses jeux d'encastrements et a gazouillé de façon répétitive presque tout du long.
Et puis il y a eu ce moment : à force de courir, il s'est tapé contre le coin de l'armoire. Normalement, comme tous les autistes, il a une forte résistance à la douleur et ne l'exprime pas. Pourtant, il s'est mis à pleurer. A hurler. Et là, j'avais deux choix :
- je le descends à sa mère pour qu'elle le calme, et on arrête la séance.
- je tente de le calmer par moi-même, et on continue.
Et j'ai choisi la deuxième solution, pourtant la moins facile. Et je me suis étonnée moi-même, parce que j'avais peur de la réaction de ce petit bout, de ne pas réussir à le calmer, mais qu'en même temps, je ne voulais pas baisser les bras. Alors je l'ai pris dans mes bras, il s'est contorsionné, il a hurlé, mais j'ai tenu bon. Et il s'est calmé.
Et cinq minutes plus tard, après être reparti dans une course folle autour du trampoline, il s'est tapé contre le coin du mur.
Rebelote.
Mais au final, et même si il a refait une chute + pleurs 10 minutes avant la fin de la séance, ça nous a "rapprochés". Car peu à peu, on s'apprivoise. Il ne pousse plus ma main quand je la pose sur ses jouets. Il me laisse lui toucher les pieds, un peu plus les mains (bon, pas la tête, mais faut pas trop en demander). Alors on continue notre chemin... Mais en tout cas, c'est un petit bout attachant, et ça, c'est archi important pour continuer à être motivée !

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31 mai 2008

Petit bonhomme (deviendra grand)

casto_tobogganHier, c'était donc ma troisième séance avec mon ptit bonhomme autiste. Je sais pas si je prend la grosse tête, mais je trouve qu'il fait de rééls progrès, c'est hallucinant de voir la vitesse de son évolution.
Hier, il y a donc eu des regards plus intenses, plus soutenus, en début de séance surtout.
Et puis il y a eu un échange, absolument incroyable. Après avoir renversé le toboggan (comme d'habitude), et s'être caché derrière l'échelle, le petit bout a procédé à un véritable échange d'objets avec moi. J'étais donc derrière l'échelle, et il m'a tendu par les trous son doudou, que je lui ai retendu et qu'il a repris, ainsi qu'un jouet et sa tétine. Alors certes, il ne m'a pas regardée, mais il était dans l'échange, pas dans le stéréotype, et ça, c'est incroyable.
Et puis aussi, il regarde vers l'étagère pour me montrer les jeux qu'il veut, et il a même tendu sa petite main à une ou deux reprises. Balèze, quand on sait que c'est ce que les bénévoles essayent en priorité d'apprendre à son frère de 3 ans et demi.
Il est aussi super fort dans les jeux d'encastrements, et il a eu le droit à son lot d'applaudissements et de bravo. Par contre, vu qu'il le fait plusieurs fois d'affilé, je me demande s'il n'est pas un peu enfermé dans une démarche stéréotypée.
En contrepartie, ce fut une séance où il ne m'a pas trop calculée, je lui ai beaucoup couru derrière, il s'est beaucoup réfugié derrière son lit (qu'il déplace en permanence, comme tous les meubles de sa chambre) avec doudou. Et puis j'ai fait ce constat important: ce qui marche une semaine ne marche pas forcement la semaine suivante. En effet, le coup du tam-tam sur la chauffeuse l'a laissé de marbre.
Et puis sinon, il y a eu ce moment incroyable de presque câlin: quand monsieur prenait son biberon, il a laissé aller sa tête contre mon bras, avant de se laisser glisser sur le sol. Tu as raison bonhomme, faut pas rendre les armes tout de suite!

Et puis si ça intéresse quelqu'un de se joindre à moi: ses parents recherchent des bénévoles pour venir une heure et demie par semaine pour jouer avec lui et les aider à lui sortir la tête de l'eau. Si ça vous intéresse, contactez moi, je vous assure que ça en vaut la peine!!!

Sinon, j'ai rencontré plus longuement ses deux frères: le plus grand est un bavard trop mignon de 5 ans, qui sait très bien compter et aime les cerises (son tshirt aussi) et Erwan sert très fort les doigts des gens pour les amener à faire ce qu'il veut. Il aime beaucoup faire tout tomber, à la grande joie de sa maman, et pousse des cris bizarres. Mais on sent quand même qu'il a fait des progrès de dingue en très peu de temps, et puis il y a pas à dire: il est beau ce gamin! Quand il sera grand, il fera chavirer le cœur des filles!
Et puis le prochain rdv du vendredi aura lieu lundi, donc à tout bientôt!

Posté par Flouch à 09:46 - Paroles de bénévole - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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